Requin dormeur taureau (Heterodontus portusjacksoni). Statut de conservation : Préoccupation mineure.
Le requin dormeur taureau (Heterodontus portusjacksoni) est un requin-bullhead nocturne au motif saisissant qui parcourt les eaux côtières tempérées du sud de l’Australie, du sud du Queensland jusqu’à la Tasmanie et à l’ouest jusqu’à la côte centrale de l’Australie-Occidentale. Sa tête large et émoussée est encadrée par des crêtes frontales proéminentes et un harnais distinctif de bandes brun-foncé qui traversent les yeux, longent le dos jusqu’à la première nageoire dorsale, puis s’étendent sur les flancs. Atteignant une longueur maximale de 1,65 mètre (5,5 pi), il est le plus grand membre de son genre, avec deux nageoires dorsales presque égales, chacune pourvue d’une épine dont les habitants locaux ont autrefois prétendu qu’elle était venimeuse. Les dents du requin sont hétérodontes : de petites pointes aiguës à l’avant pour saisir les proies, et des molaires plates et émoussées à l’arrière pour broyer les coquilles dures des mollusques, des oursins et des crustacés. Son corps gris-brun, entrelacé de fines bandes sombres, se fond parfaitement dans les récifs rocheux, les fonds sablonneux et les herbiers marins où il passe les heures de jour à l’abri dans des grottes ou derrière des affleurements, pour ne sortir qu’après le coucher du soleil afin de se nourrir. La nuit, le requin dormeur taureau devient un chasseur actif, utilisant ses mâchoires puissantes et sa dentition spécialisée pour broyer les coquilles des oursins noirs (Centrostephanus rodgersii) et d’autres invertébrés à carapace dure. De façon remarquable, il peut respirer tout en restant immobile, en pompant l’eau à travers sa première fente branchiale agrandie et en la faisant sortir par les quatre restantes, ce qui lui permet de se reposer sur le fond pendant de longues périodes. Les migrations saisonnières voient l’espèce se diriger vers le sud en été et revenir vers le nord en hiver pour se reproduire dans les baies côtières ; les mâles arrivent en premier, suivis des femelles qui restent pour garder leurs capsules d’œufs. Ces capsules, déposées par paires tous les 8 à 17 jours de la fin août à la mi-novembre, subissent un taux de mortalité de 89,1 %, rappel brutal des dangers cachés qui accompagnent même les vies marines les plus apparemment tranquilles.
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